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Congrès

25 oct 2020

Moins d’amputations, plus d’hospitalisations dans la population diabétique

Michèle DEKER, Neuilly

Cette étude réalisée à l’initiative de la Caisse d’assurance maladie porte sur la période 2008-2014 et fait suite à l’étude ENTRED 2007 dans laquelle 10 % des patients diabétiques étaient concernés par la présence ou un antécédent de plaie chronique. Cette complication grave du point de vue fonctionnel et pronostique, notamment sur un terrain de multicomorbidités, génère de nombreuses hospitalisations avec un taux d’occupation des lits pouvant aller jusqu’à 50 % en diabétologie.

Les données ont été collectées à partir du système national des données de santé (SNIRAM et PMSI) en sélectionnant la population diabétique grâce au traitement antidiabétique oral ou injectable remboursé à au moins 3 reprises pendant l’année n ou n-1 de survenue de la plaie/amputation, et aux déclarations de traitement de longue durée. Les hospitalisations pour plaie de pied ou amputation ont été sélectionnées par les codes CIM-10 et CCAM respectivement. Il s’agit d’une population d’âge moyen 70-72 ans ; les hommes sont majoritaires (58-61 %), d’autant plus qu’il s’agit d’amputation ; c’est une population précaire (plus du tiers de CMU). Les gestes de revascularisation ont augmenté et la proportion d’antécédents cardio- ou neuro-vasculaires est très élevée (79 à 89 % chez les patients hospitalisés pour plaie et amputation respectivement). • Sur le critère de jugement principal (l’évolution des hospitalisations pour plaie de pied et amputation, ajusté chaque année sur l’âge et le sexe), les hospitalisations ont augmenté de 508 à 701/100 000 patients diabétiques entre 2008 et 2014. À âge et sexe identiques, un patient diabétique en France a plus de risque d’être hospitalisé en 2014 qu’en 2008, mais moins de risque de subir une amputation. • Sur les critères de jugement secondaires : dans les 12 mois qui suivent, 36 % des patients pris en charge pour plaie de pied ont été réhospitalisés pour plaie et 31 % pour amputation ; en cas d’amputation, 43 % ont été réhospitalisés pour plaie et 27 % pour une nouvelle amputation. Le taux de mortalité à 12 mois est de 23 % après plaie de pied sans amputation (79 ans en moyenne) et 26 % après amputation (77 ans). Le recours au forfait de podologie en ambulatoire, remboursé à partir de 2008, a augmenté très progressivement, avec néanmoins un nombre annuel de séances insuffisant (< 6 séances) en cas de risque podologique très élevé. Il en est de même des soins infirmiers, notamment après l’hospitalisation, même s’il s’agit de cas moins graves puisqu’on a exclu des sujets réhospitalisés dans les 12 mois. Comparativement à d’autres pays, les patients français se classent dans la moyenne avec un taux d’incidence de 262/100 000 patients-années à la fin de la période d’observation (vs 100/100 000 en Belgique). La diminution de l’incidence des amputations est probablement très fluctuante et dépend énormément des centres. Il reste aussi des progrès à faire sur la prise en charge ambulatoire en préet post-hospitalier, en particulier dans la population la plus à risque, à savoir les hommes précaires. D’après la présentation de C. Amadou-Kerangoarec (Actualités, mercredi 9 septembre) SFD 2020

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