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Société

20 fév 2021

Réseaux sociaux et médecine : insupportables ou incontournables ?

Patrice DARMON, CHU La Conception, Marseille

Les réseaux sociaux sont devenus le canal de communication et la source d’informations préférentiels de ceux qui veulent se connecter au monde et interagir avec lui dans une sensation grisante d’immédiateté. Mais ces lieux de partage, d’échange et de débat peuvent très vite devenir le théâtre d’une insupportable cacophonie, par la faute d’une modération toute relative.

Les communautés médicale et scientifique n’échappent malheureusement pas à la règle et l’un des effets collatéraux de l’épidémie de Covid-19 est d’avoir illustré à quel point les réseaux sociaux faisaient la part belle à l’ultracrépidarianisme*, à la désinformation et aux théories du complot, mais aussi hélas parfois aux insultes, aux invectives et aux menaces. Dans le domaine de la santé comme ailleurs, les réseaux sociaux, c’est « parfois pour le pire, souvent pour le meilleur », comme l’écrit Sylvie Picard dans l’un des articles de ce numéro. Alors, comme elle, parlons aussi du meilleur et de tout ce que ces agoras numériques peuvent aujourd’hui apporter pour améliorer l’état de santé des patients vivant avec un diabète... à condition d’être utilisés à bon escient — ce qui nécessite à la fois un certain apprentissage et une vigilance constante pour naviguer entre les fake news, les informations non référencées ou de piètre qualité scientifique et les préconisations de certains experts assénées à grands coups d’arguments d’autorité. Dans le domaine du diabète, l’apport des réseaux sociaux va de l’écoute empathique et du partage d’expériences au sein des communautés de patients en passant par les « tutos » d’initiation ou de perfectionnement aux nouvelles technologies. En outre, ces plateformes virtuelles constituent de formidables bases de données et peuvent aussi être utilisées par les chercheurs en santé publique, comme le décrivent Charline Bour et Guy Fagherazzi dans un autre article de ce numéro, en prenant pour exemple un vaste projet international visant à mieux décrire la détresse liée au diabète et ses déterminants à partir de l’analyse de données recueillies sur Twitter. Ainsi, dans le monde hyper-connecté de 2021, et même s’ils peuvent parfois s’avérer insupportables, les réseaux sociaux sont surtout devenus incontournables, pour les patients comme pour les professionnels de santé. *L’ultracrépidarianisme ou l’art de donner son avis sur des sujets que l’on ne connaît pas (merci à Étienne Klein de nous avoir fait découvrir ce drôle de mot à l’occasion de la crise sanitaire).

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